EFFET DE GROUPE

 

Nous avons tous une tendance innée, primaire à copier.

Cette tendance est irraisonnée, première, issue aussi des temps lointains ou la nécessité de fuir le danger était  primordiale.

 

De même, notre désir d'appartenir  et de s’identifier à un groupe  (fonction tribale) nous incite à copier. Nous retrouvons cette tendance spontanée (irraisonnée) dans beaucoup de nos attitudes et en particulier dans la notion de mode, vestimentaire y compris ( mais aussi en geo politique…). Cette fonction “ appartenance – groupe “  est encore plus exacerbée à l’adolescence puisque l’objectif premier  est de s’épanouir à travers la « tribu » extérieure (séduire, dans le sens large du terme). C’est dire que les explications sur les dangers ou le coût  d’une dépendance ont peu de poids…

 

Certains d'entre nous, à l'adolescence, tireront quelques bouffées et s'arrêteront. ls ne reprendront jamais  une consommation de cigarettes (rares sont les personnes qui débutent leur consommation après 21 ans). On peut penser que l’un des parents au moins est non fumeur.

La majorité d'entre nous consommera très vite une cigarette par jour puis deux , trois etc.. Seul un sur dix  d'entre nous aura une consommation faible de moins de 5 cigarettes par jour, définitivement. 10 ans , 20 ans, plus tard cette personne restera, quelles que soient ses circonstances de vie, à la même consommation légère et il ne transmettra que ce type de consommation.

 

L'immense majorité progressera inéluctablement au-dessus de 5 cigarettes par jour puis au-dessus de 10 cigarettes par jour  (peu de personnes fument entre 5 et 10 cigarettes par jour). Si l’un et l’autre des parents ont été fumeurs de plus de 10 , le risque de dépendance de l’adolescent  est proche de 100%, hormis dans les cas minoritaires ou l’adolescent  s’oppose parce qu’il a été gêné et qu’il ne déclenche pas la première cigarette journalière, ou s’il s’identifie déjà bien à une « tribu » repérée ( club de sport , musique etc..)

 

Le rythme de consommation journalière s'établira pour une majorité d'entre nous entre 15 et 25 cigarettes par jour. Cette programmation de consommation est pré-établie. Bien évidemment, il est plus facile de fumer dans certaines conditions ou certaines professions que dans d'autres mais globalement le niveau actif de consommation journalière restera définitivement acquis.

 

Cet apprentissage journalier répété, itératif, entraînera un rythme définitif que nous ne pourrons diminuer que partiellement, au plus à 50 % et temporairement, avec une reprise inéluctable du rythme antérieur.

 

Aucun fumeur de plus de 10 cigarettes par jour ne peut espérer diminuer longuement à moins de 5 cigarettes par jour. De même, en cas de la reprise de consommation, après arrêt de cigarettes, le rythme redeviendra celui qui avait été établi antérieurement. Comme nous avons appris à pratiquer le vélo, même si nous arrêtons pendant des années, lorsque nous reprendrons l'utilisation du vélo, nous n'aurons pas besoin de réapprendre !

 

Cette reprise ne se fait jamais avec une très grande rapidité de quelques jours ni très lente de quelques mois. Dans la majorité des cas, la consommation antérieure est retrouvée en 2 à 6 semaines.

C'est dire que la reprise d'une seule cigarette déclenchera inéluctablement la tendance à déraper. Cette reprise sera d'ailleurs dans la majorité des cas accompagnée lors du 2e jour d'une non consommation ou faible consommation , pseudo rassurante, avant la montée inéluctable du nombre de cigarettes journalières consommées.

            La diminution très progressive  , spontanée, personnelle de la consommation de cigarettes n'est pas réalisable dans l'immense majorité des cas car l'enregistreur qui reçoit l’information de présence de nicotine du matin au soir, pendant des jours, des mois, des années, procède par  effet du tout ou rien : il ne s'agit pas d'un moteur avec accélérateur ou décélérateur, ni d'un variateur de lumière mais d'un interrupteur marche-arrêt qui ne peut être à l'arrêt que lorsqu'il n'y a  aucun apport de nicotine effectué. Même dans une situation de baisse considérable de consommation journalière à 2 ou 3 cigarettes par jour (quasiment non réalisable), l'enregistreur "tourne" comme à son niveau maximum et ne s'éteint que lors de l'absence totale de nicotine. Nous pourrions comparer cet  effet à un moteur d'auto-tamponneuse qui persistera toute notre vie dans le cerveau. La reprise d'une cigarette ou la remontée dans l'auto-tamponneuse avec le premier jeton-cigarette entraînera l'ouverture de l'interrupteur.

            

            10 % d'entre nous sont non dépendants. 40 à 60 % d'entre nous sont             dépendants de façon moyenne. 25 à 30 pour cent d'entre nous avons une dépendance forte à la cigarettes.